Réalisé par Alejandro Gonzales Inarritu
Avec Gael Garcia Bernal, Emilio Echevarria, Goya Toledo...
C'est le troisième film que je vois qui est tiré d'un scénario de Guillermo Arriaga après 21 grammes et Trois enterrements. Et c'est le deuxième avec le tandem explosif Arriaga-Inarritu. 21 grammes m'avait fait l'effet d'une bombe car il se permet de réinventer la narration d'une histoire filmée. On y trouve comme dans Amours chiennes le destin croisé de plusieurs personnages tous liés par un événement dramatique. Inarritu et Arriaga croient aux destins. Pour eux, tout est lié, il n'y a pas de rencontres hasardeuses. Ils se sont donc réunis pour mettre en image le destin auquel ils croient.
Que peut-on dire d'autre que merci. Merci d'avoir osé, merci d'être si bon et surtout, merci d'avoir su mettre une claque à une narration vieillisante que peu de monde souhaite ou n'a le courage de changer.
Même si Amours chiennes à un récit moins explosé que 21 grammes, il n'en reste pas moins un film puissant. Il nous raconte le destin croisé de trois personnes liées par un accident de voiture.
Le premier, Octavio, à un rêve. Il souhaite partir loin vivre avec sa belle soeur enceinte et son neveu "le petit tondu". Pour prouver à celle qu'il aime que c'est possible et que ses intentions sont sérieuses, il fait combattre son chien contre d'autre, ce qui lui rapporte très vite beaucoup d'argent et aussi beaucoup d'ennui. Des ennuis qui vont l'amener à créer un accident de voiture causant la ruine de Valeria et le nouveau départ d'El chivo, un clochard.
Valeria avait pourtant tout pour être heureuse. Sa carrière de mannequin était à son apogée et son amant, Daniel, venait de lui acheter un appartement en lui annonçant qu'il quittait sa femme pour elle.
Quant à El chivo, il avait déjà ruiné sa vie des années auparavant et l'accident va lui permettre de prendre un nouveau départ.
L'accident de voiture n'est pas le seul lien de ces trois personnages. L'égoïsme quant à l'amour qu'ils portent aux gens en est un autre. Tout le film repose sur le fait que lorsque l'on aime une personne, on l'aime à sa manière, avec ses propres envies et c'est à l'autre d'accepter cela. C'est évident pour Octavio qui est le seul à vouloir partir. Valéria, elle, laisse son handicap envahir l'amour qu'elle porte à Daniel et El chivo lui, a préféré ses idéaux à sa fille.
Aucun d'eux ne ressortira indemne de leur égoïsme. Inarritu et Arriaga, tout deux très catholiques, se chargent bien de les punir.
Mais il y a un quatrième personnage dans ce film qui est, à lui tout seul, celui qui les réunit tous. Ce personnage, c'est Mexico.
Inarritu le filme dans son entier. Des quartiers riches aux quartiers pauvres, il promène sa caméra partout pour nous faire découvrir cette fourmillière prête à exploser à n'importe quel moment. On ne peut s'empêcher de penser, tout de même, que les décors nauséeux, d'une crasse écoeurante, l'a plus marqué que le reste. Ces décors sont presque la principale source de violence du film.
Pour servir cette histoire, Inarritu a disposé d'un groupe de comédiens apparement très emballé par ce récit. On comprend aisément pourquoi le petit Gaël Garcia Bernal fut découvert grâce à Amours chiennes, et l'interprétation d'Emilio Echevarria donne une énorme envie de découvrir le reste de sa filmographie.
Le plus étonnant est de se dire que cette oeuvre est le premier film d'un metteur en scène. Inarritu fait preuve d'une maîtrise totale avec un exercice loin d'être évident. Réussir à interesser le spectateur sur trois histoires différentes sans faire perdre au film son rythme relève d'une grande maturité.
Amours chiennes est un film à découvrir absolument!