Copland

Copland
Garrisson est une ville de flics. Il devrait donc y régner calme et sérennité. Que nenni, lorsque vous entrez dans Garrisson, vous avez autant de risque de vous faire agresser qu?ailleurs. A la différence près, que le criminel ne sera jamais incriminé car il est flic. La vermine a autant sa place à Garrisson que dans le bronx ! Toutes cette bande de flics réunis n?est autre qu?une grande famille de mafieux avec à son commandement Ray qui a pris le visage du génial Harvey Keitel.
Copland est un véritable western urbain. Où plutôt, il est filmé comme un western. Mangold signait là son premier opus et déjà il rentrait dans les rares cinéastes à savoir insufler une puissance dans chacune de ses images. Il n?y a qu?à voir ce génial plan sur les cheveux de la tortue Stallone. Alors qu?il ne fait que marcher à ce moment-là, le fait que Mangold le filme de dos lui donne une force qu?on n?avait pas soupçonné jusque là. Puisqu?il est question de Stallone, autant le dire net, jamais il n?aura été aussi bon que dans Copland. Ce qu?il fait avec son personnage de mouton mou est proprement hallucinant. Rien dans son jeu ne nous fait penser au Stallone de Rambo. Il incarne l?antihéros dans sa plus pure vérité.
Stallone n?est pas le seul à s?être transformé pour ce film. De niro l?a suivi avec un rôle moins en avant mais tout aussi jouissif. Son look est aux antipodes de Neil McCauley (son personnage si emblématique de Heat), il se la joue ici bureaucrate aux dents longues de façon tout à fait inspiré.
Harvey Keitel, lui, reste fidèle à lui-même. Son rôle de « père de la mafia » lui va à ravir. S?il devait recevoir le titre inexistant à ce jour de « Parrain le plus réussi de toute l?histoire du cinéma » ne serait pas franchement étonnant. Il le mériterait autant que Brando dans « « Le parrain « ou de Pacino dans sa suite.
Mais ce film n?est pas qu?une succession de gueules toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Ce film, c?est aussi une histoire qui mérite le détour. En effet, beaucoup de films ont joué sur l?ambivalence d?être flic ou gangster. Heat en est le parfait exemple. Mais rares sont ceux qui ont joué jusqu?au bout la carte du flic voyou. Bien sûr, les ripoux ne sont pas à mettre dans la même catégorie, la farce y étant trop énorme.
ATTENTION SPOILER
Et puis la fin aux goûts de happy end amer est très réussi. Outre le fait, qu?on assiste à une scène de fusillade d?anthologie, il est appréciable de se dire que la bonne action du héros risque de se transformer en calvaire pour les habitants de Garrisson qui risque de voir monter en flèche le prix de leurs maisons et donc de leurs crédits.
Bref, un film à ne bouder sous aucun prétexte. Copland doit déjà faire partie de votre dvdthèque.

# Posté le samedi 22 décembre 2007 10:18

Thirteen

Thirteen
Crise d'adolescence

Voici donc un film de plus sur la recherche d'identité de jeunes ados. Catherine Hardwicke assemble les scènes à un rythme fou. Tellement fou qu'il faut un temps d'adaptation au début. Le montage et la réalisation fait penser à Domino, les couleurs saturés en moins. Le rapprochement s'arrête là puisqu'ici l'effet clip est au service de l'histoire. La descente aux enfer est rapide et brutale tout comme la mise en scène. Peut-être un poil trop brutal d'ailleurs.
Tracy avait pourtant tout de l'ado exemplaire. A son heure, elle était poête, à une autre, baby sitter, elle était l'archétype de la fille modèle donc. Comment, alors une jeune fille si mature pour ses 13 ans peut-elle avoir comme principal objectif de faire amie amie avec la plus belle junkie du collège? C'est pas que ce soit impossible, mais cela se passe juste un peu trop rapidement.
Mise à part ce petit bémol, le film passe sans casse. On suit avec un jouissif plaisir les déambulations à la fois drôle et dramatique des deux héroïnes.
Evan Rachel Wood tient son rôle comme un gant mise à part cette trop grande différence de personnalité entre le tout début et la première partie du film. Disons que c'est comme si elle s'était réveillée un matin en ayant totalement changée. Nikki Reed joue à ravir son rôle d'ado déjanté responsable de tous les déboires de Tracy. Mais la palme va sans conteste possible à l'incroyable interprétation que nous livre Holly Hunter. Tout le long, elle délivre une prestation d'une grande justesse permettant à son personnage d'être énormément touchant.
Le rythme qui part sur des chapeaux de roues ne ralentit quasiment jamais. Par contre, le drame, lui, avance sournoisement jusqu'à frapper très fortement à la fin.

# Posté le samedi 24 novembre 2007 19:08

Les promesses de l'ombre

Les promesses de l'ombre
CRONENBERG PERD SON LATIN

Sans tourner autour du pot, le dernier Cronenberg est un bon film. Une oeuvre que l'on suit avec plaisir du début jusqu'à la fin avec des acteurs au top de leurs formes. Vincent Cassel a récupéré un rôle qui lui va comme un gant. A t'il joué ou s'est-il contenté d'être ce qu'il est au quotidien. On peut se le demander tellement il n'a pas l'air de forcer.
Viggo Mortensen écoppe lui aussi d'un bon rôle mais je ne serais pas aussi dythirambique à son sujet. Certes, il joue convenablement mais certaines mimiques de son visage (la bouche trop avancé) m'ont paru rajouté inutilement. Et puis, disons le tel quel, son personnage n'est pas assez fouillé pour ne pas que l'on devine le poteau rose.
Naomi Watts est égale à elle-même mais son personnage ne lui demande pas des prouesses hors normes.
Quant à Armin Mueller-Stahn, on peut lui attribuer la médaille d'argent de ce quatuor, juste derrière Cassel.
La réalisation de Cronenberg est sans grande originalité. Ni râté, ni transcendante, le minimum syndicale. Lorsque au bout de 5 minutes d'History of violence, j'étais scotché par sa maîtrise filmique, ici point de scènes à se raccrocher qui nous montre son talent. Bien sur, il nous fait son numéro d'horreur mais même là, ça sonne toque quelquefois. On peut peut-être se rappeler longtemps après de la scène du hammam mais c'est plus du à son caractère violent qu'à autre chose.
Mais là, où le bat blesse vraiment, c'est le scénario. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il est râté. Non, loin s'en faut, mais il est indéniable qu'il manque singulièrement d'originalité. Il ne suffit pas de placer des mafieux à l'origine russe dans un film pour nous faire oublier tout les autres films de mafia. Et c'est pourtant ce que Cronenberg s'est contenté de faire, il me semble.
ATTENTION SPOILER, dès le départ, il est aisé de deviner la double casquette de Mortensen rien qu'en se plaçant du point de vue de l'éventuelle future victime, Naomi Watts. Elle se jette littéralement dans la gueule du loup. Il lui faut donc un allié pour s'en sortir et ça ne peut-être que Mortensen. Quant à Cassel, son personnage est loin d'être original. Le fils idiot, qui ne suit pas le pas de son père et qui amène la brebis galeuse ,qui va mener sa famille à la perte est une redite honteuse de la part d'un cerveau comme Cronenberg. Quand à la scène de la prise de sang, c'est tout simplement abracadabrantesque.
C'est tout le problème du dernier Cronenberg. Alors que depuis son dernier opus, il a trouvé comment faire de ses films des pur divertissement, il a oublié avec celui-ci ce qui fait son cinéma, l'intelligence. Des scénarios comme Crash, Faux semblants et Spider, sont des merveilles d'intelligence. Les films en eux-mêmes était par contre souvent dôtés de longueurs interminables. A history of violence avait réussi à lier les deux, divertissement et intelligence. Mais avec Les promesses de l'ombre, Cronenberg ne garde que le premier aspect, le divertissement. J'en conclue donc qu'il en a perdu son latin, et de sa part, c'est inexcusable.

# Posté le samedi 24 novembre 2007 08:41

Site photo

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# Posté le mardi 06 novembre 2007 19:52

Les fils de L'homme

Les fils de L'homme
Voici enfin le film d'anticipation que j'attendais depuis des lustres. Que ce soit d'un point de vue scénaristique ou visuel, il est d'un réalisme bluffant. C'est simple, on y croit parce que notre monde pourrait très bien devenir ce cauchemar.
J'ai pensé à Harrison flower's pour les batailles de rues mais surtout à Il faut sauver le soldat Ryan pour le réalisme de ces combats guerriers. Les balles fusent, on a vraiment l'impression que la vie des héros tient à un fil tellement les projectiles sont nombreux et éparpillés. Le son a été travaillé d'une façon très précise pour accentuer ce réalisme.
Le fait d'avoir tourné en long plans séquences contribue aussi très fortement à faire de ce film un sommet du genre.
L'interprétation est à la hauteur du reste, sans fioritures mais travaillée très précisément pour qu'on croit dur comme fer à l'existence de ces personnages. Je donnerais quand même ma préférence à Julianne Moore qui montre encore une fois toute l'étendue de son talent.
J'émettrais quand même deux bémols dont un qui empêche les fils de l'homme d'atteindre le rang de chef d'oeuvre. Le premier et le moins grave, ATTENTION SPOILER, est la mort très tôt dans l'histoire, de Julianne Moore. Pas que ce soit une erreur scénaristique mais c'est plutôt frustrant de se passer aussi tôt d'une actrice de son talent.
Le deuxième est la fin. Elle intervient trop rapidement et nous laisse la aussi frustré car on aurait vraiment aimé connaitre la suite des événements pour Kee. Ceci dit, cela pourrait très bien faire l'objet d'une suite tant le noyau scénaristique serait génial.
Alors peut-être....
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# Posté le mercredi 24 octobre 2007 02:58