Arrivederci amore, ciao

Arrivederci amore, ciao
Après avoir été enchanté par Romanzo Criminale, je m'attendais à un film d'aussi bonne facture. Que nenni, ici la mise en scène et les jeux de caméra sont omniprésent et prennent plus de place que l'histoire et les acteurs pourtant pas mauvais du tout.
Alessio Boni campe le rôle peu attirant d'un salaud comme rarement le cinéma nous en a montré et il sait profiter de sa gueule d'ange et d'un jeu tout en retenu pour mieux entourlouper le monde qu'il entoure ainsi que nous mêmes. Quant à Michele Placido, il est aussi bon réalisateur qu'acteur.
Michele Soavi avait pourtant un scénario en or pour faire de son film un must du genre. Pour une fois, le héros n'est pas un salaud qui se repentit et qu'on finit par aimer. Plus l'histoire avance et plus on le déteste. Et plus on croit qu'il se dirige vers le bon chemin, plus il nous montre qu'il est encore pire que ce que l'on pensait. C'est un phénomène suffisamment rare au cinéma pour ne pas venir le gâcher par un réalisateur qui n'a pas su s'oublier.
A la fin on ne sait pas si l'on doit rire ou pleurer tellement le décalage entre l'histoire et la mise en scène est importante. Soavi étant l'ex assistant d'Argento, il a du se sentir obligé de rendre hommage à son maître. Le problème est qu'Arrivederci amore, ciao ne se situe pas dans le film de série b, donc pourquoi le filmer de cette façon?
Bref, un film oubliable, prétentieux qui bénéficie pourtant de personnages très intéressants.
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# Posté le vendredi 23 mai 2008 18:42

Festival international

Voici le prochain festival qui m'attend :

- Arrivederci amore ciao de Michele Soavi
- Black book de Paul verhoeven
- Tropical malady d'Apichatpong Weesarethakul
- She's so lovely de Nick Cassavetes
- La chute d'Oliver Hirschbiegel
- Respiro d'Emanuele Crialese
- Exils de Tony Gatlif
- Cashback de Sean Ellis
- The war zone de Tim Roth
- Infernal affairs de Wai Keung Lau, Siu Fai Mak
- Jarhead de Sam Mendes
- Uzak de Nuri Bilge Ceylan
- L'esquive d'Abdellatif Kechiche
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# Posté le vendredi 23 mai 2008 18:40
Modifié le mardi 27 mai 2008 19:07

Impression résumé sur chaque film du festival 2000

La science des rêves : un foutoir superbement bien organisé par Michel Gondry qui réussit à nous émouvoir avec une histoire pourtant improbable. Gainsbourg est rayonnante et Bernal joue bien les timides. Légère déception tout de même lorsqu'on le compare à Eternal sunshine of the spotless mind.

Breaking news : Un film d'action politique. Les scènes d'action sont rondement mené et ont une esthétique hors normes américaines. La première séquence du film est d'ailleurs un must. L'aspect politique est par contre réduit à la plus légère reflexion alors que le respect du sujet aurait pu donner un film très intéressant.

The jacket : Une simple série b qui ne vaut que par l'interprétation de ses acteurs. Le reste se veut original sans y arriver pour autant.

Babel : Un chef d'oeuvre d'intensité, de sensibilité et de réflexion sur le monde qui nous entoure. Inarritu nous émeut jusqu'aux larmes et nous laissent seul à la fin face à notre écran télé comme les personnages de son film.

La cité de dieu : un film dans le style mafia plutôt réussi. La réalisation est nerveuse, les acteurs sont bons mais mieux vaut oublier que c'est une histoire vraie. Meirelles est plus fort dans la fiction que le documentaire.

A bittersweet life : Un film coréens classieux avec un personnage intéressant. Certainement une perle dans son genre mais je ne suis pas connaisseur.

Don't come knocking : Une interprétation fantastique de la part de Shepard et Lange. Une histoire presque intéressante mais qui pêche par la présence impromptu du personnage joué par Sarah Polley. Les couleurs sont trop saturés, ce qui donne un côté surréaliste au film.

Le prestige : Une histoire de magie filmé par un magicien. Un superbe film qui bénéficie d'une belle histoire, d'une grande mise en scène et d'un trio d'acteurs hors normes.

2046 : Une histoire qui tient sur un fil mais un réalisateur bourré de talents. Bravo Monsieur Wong Kar-Waï pour cette oeuvre sensible et d'une beauté sidérante.

36 quai des orfèvres : Un polar français qui, pour une fois, n'a rien à envier à ses pairs américains. Son duo d'acteurs fonctionnent à merveille avec une mention spéciale pour Depardieu qui sait bien nous montrer ses faiblesses pour mieux nous faire comprendre ses agissements.

Romanzo Criminale : Une oeuvre dense qui n'a rien à envier aux films de mafia américains. Un sommet dans son genre.

En bref, une sélection de films de bonne facture où les déceptions ont été rares.
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# Posté le vendredi 23 mai 2008 18:38

Festival 2000

Festival 2000
Voici les résultats du dernier petit festival que je me suis fait.

Tout d'abord, voici la liste des films visionnés :

La science des rêves de Michel Gondry
The jacket de John Mayburry
Breaking news de Johnnie To
Babel d'Alejandro Gonzales Inarritu
La cité de Dieu de Fernando Meirelles
A bittersweet life de Kim Jee-Woon
Don't come knocking de Wim Wenders
Le prestige de Christopher Nolan
36 Quai des orfèvres d'Oliver Marchal
2046 de Wong Kar-Waï
Romanzo criminale de Michele Placido

Palmarès :

Meilleur film : Babel d?Alejandro Gonzales Innaritu
Prix de la mise en scène : Wong Kar Waï pour 2046
Prix d?iinterprétation masculine : Tony Leung pour 2046
Prix d?interprétation féminine : Jessica Lange pour Don?t come knocking
Prix du meilleur second rôle masculin : Gérard Depardieu pour 36 quai des orfèvres
Prix du meilleur second rôle féminin : Rinko Kikuchi pour Babel
Prix du meilleur scénario : Guillermo Arriaga pour Babel


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# Posté le jeudi 22 mai 2008 17:33

Lemming

Lemming
Avec Harry, un ami qui vous veut du bien, Dominik Moll s'est fait la réputation d'être le pape du bizarre à la Française. Personnellement, je trouvais cela franchement exagéré car même si Harry a des passages interessant grâce au personnage malsain que joue à merveille Sergi Lopez, l'ensemble du film manquait d'ambition. Il se contentait de faire du normal avec de temps à autre, un soupçon d'étrange.

Avec Lemming, Moll a passé la vitesse supérieure et nous livre un métrage unique dans l'hexagone.

Comme il avait pu nous le faire soupçonner dans son précédent opus, il fait entrer le malsain dans la vie rangée de gens ordinaires de manière imprévue et franchement dérangeante. La scène du repas entre Lucas, Gainsbourg, Dussolier et Rampling en est un exemple frappant. Le personnage joué par Charlotte Rampling réussit à nous glacer rien que par le fait qu'elle porte des lunettes de soleil en pleine nuit et à l'intérieur. Ce qu'il se passe par la suite lors du repas nous laisse secoué tellement on ne s'attend pas à cela.

Avant cela, Moll a réussit à mettre une dose de suspense rien qu'en rajoutant un son grave sur les images d'une webcam et en filmant de manière inquiétante le tuyau d'évacutation d'un évier. Autant dire qu'avec lui, tout est source de mystère et d'étrange.

La première moitié du film est très prenante car l'étrange et le malsain s'insinue dans le quotidien et nous laisse non seulement interrogateur mais aussi tendu.

Les choses se dégrandent dans la deuxième partie. L'étrange prend le dessus sur la normalité, le malsain n'est plus le fond du verre mais le verre entier. Et au bout d'un moment, plus rien n'est étrange puisque tout l'est. C'est un peu comme si Moll nous disait, "bon maintenant que je vous ai bien préparé, je vais vous faire entrer dans un monde sans logique, sans limite où tout pourra avoir sa place même le n'importe quoi". C'est alléchant à partir du moment où il y a une explication au final. Et c'est bien là où le bat blesse, ici il faut suivre la voie du fantastique telle une pauvre série B pour comprendre l'histoire. En gros, Moll et son scénariste (Gilles Marchand) ont cherché une excuse pour pouvoir nous montrer de l'étrange. C'est franchement dommage compte tenu de la qualité de la mise en scène et de l'interprétation.

Car Lucas, Gainsbourg mais surtout Rampling sont très bon. La dernière nous inquiète et nous hante longtemps après le film d'ailleurs.

Je ne peux terminer cette critique sans parler de l'influence évidente que Moll a subi en regardant les films de David Lynch. Comme Lynch, il se sert du son pour distiller une ambiance inquiétante. Comme Lynch, il filme les couloirs comme si l'on rentrait dans un labyrinthe sans savoir ce qu'il nous attend à la sortie. Comme Lynch, il filme les images de caméra vidéo accompagnée d'un déplacement fluide très lent et d'un son grave. Comme Lynch, il mélange les deux personnages féminins pour n'en faire plus qu'un.

Lemming est le film dont l'influence Lynchienne est la plus marquée et en ce qui concerne la forme, c'est plutôt réussi. Venant de ma part, ce n'est pas un mince compliment. Par contre, le fond qui est aussi très largement inspiré des scénarios Lynchiens, est lui, bâclé et serait une injure au réalisateur de Mulholland drive.

En bref, un film très intéressant que je conseille vivement pour se laisser imprégner de son atmosphère gluant et malsain mais qui malheureusement pêche sur un scénario facile.
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# Posté le lundi 19 mai 2008 16:04