Avec Harry, un ami qui vous veut du bien, Dominik Moll s'est fait la réputation d'être le pape du bizarre à la Française. Personnellement, je trouvais cela franchement exagéré car même si Harry a des passages interessant grâce au personnage malsain que joue à merveille Sergi Lopez, l'ensemble du film manquait d'ambition. Il se contentait de faire du normal avec de temps à autre, un soupçon d'étrange.
Avec Lemming, Moll a passé la vitesse supérieure et nous livre un métrage unique dans l'hexagone.
Comme il avait pu nous le faire soupçonner dans son précédent opus, il fait entrer le malsain dans la vie rangée de gens ordinaires de manière imprévue et franchement dérangeante. La scène du repas entre Lucas, Gainsbourg, Dussolier et Rampling en est un exemple frappant. Le personnage joué par Charlotte Rampling réussit à nous glacer rien que par le fait qu'elle porte des lunettes de soleil en pleine nuit et à l'intérieur. Ce qu'il se passe par la suite lors du repas nous laisse secoué tellement on ne s'attend pas à cela.
Avant cela, Moll a réussit à mettre une dose de suspense rien qu'en rajoutant un son grave sur les images d'une webcam et en filmant de manière inquiétante le tuyau d'évacutation d'un évier. Autant dire qu'avec lui, tout est source de mystère et d'étrange.
La première moitié du film est très prenante car l'étrange et le malsain s'insinue dans le quotidien et nous laisse non seulement interrogateur mais aussi tendu.
Les choses se dégrandent dans la deuxième partie. L'étrange prend le dessus sur la normalité, le malsain n'est plus le fond du verre mais le verre entier. Et au bout d'un moment, plus rien n'est étrange puisque tout l'est. C'est un peu comme si Moll nous disait, "bon maintenant que je vous ai bien préparé, je vais vous faire entrer dans un monde sans logique, sans limite où tout pourra avoir sa place même le n'importe quoi". C'est alléchant à partir du moment où il y a une explication au final. Et c'est bien là où le bat blesse, ici il faut suivre la voie du fantastique telle une pauvre série B pour comprendre l'histoire. En gros, Moll et son scénariste (Gilles Marchand) ont cherché une excuse pour pouvoir nous montrer de l'étrange. C'est franchement dommage compte tenu de la qualité de la mise en scène et de l'interprétation.
Car Lucas, Gainsbourg mais surtout Rampling sont très bon. La dernière nous inquiète et nous hante longtemps après le film d'ailleurs.
Je ne peux terminer cette critique sans parler de l'influence évidente que Moll a subi en regardant les films de David Lynch. Comme Lynch, il se sert du son pour distiller une ambiance inquiétante. Comme Lynch, il filme les couloirs comme si l'on rentrait dans un labyrinthe sans savoir ce qu'il nous attend à la sortie. Comme Lynch, il filme les images de caméra vidéo accompagnée d'un déplacement fluide très lent et d'un son grave. Comme Lynch, il mélange les deux personnages féminins pour n'en faire plus qu'un.
Lemming est le film dont l'influence Lynchienne est la plus marquée et en ce qui concerne la forme, c'est plutôt réussi. Venant de ma part, ce n'est pas un mince compliment. Par contre, le fond qui est aussi très largement inspiré des scénarios Lynchiens, est lui, bâclé et serait une injure au réalisateur de Mulholland drive.
En bref, un film très intéressant que je conseille vivement pour se laisser imprégner de son atmosphère gluant et malsain mais qui malheureusement pêche sur un scénario facile.
Avec Lemming, Moll a passé la vitesse supérieure et nous livre un métrage unique dans l'hexagone.
Comme il avait pu nous le faire soupçonner dans son précédent opus, il fait entrer le malsain dans la vie rangée de gens ordinaires de manière imprévue et franchement dérangeante. La scène du repas entre Lucas, Gainsbourg, Dussolier et Rampling en est un exemple frappant. Le personnage joué par Charlotte Rampling réussit à nous glacer rien que par le fait qu'elle porte des lunettes de soleil en pleine nuit et à l'intérieur. Ce qu'il se passe par la suite lors du repas nous laisse secoué tellement on ne s'attend pas à cela.
Avant cela, Moll a réussit à mettre une dose de suspense rien qu'en rajoutant un son grave sur les images d'une webcam et en filmant de manière inquiétante le tuyau d'évacutation d'un évier. Autant dire qu'avec lui, tout est source de mystère et d'étrange.
La première moitié du film est très prenante car l'étrange et le malsain s'insinue dans le quotidien et nous laisse non seulement interrogateur mais aussi tendu.
Les choses se dégrandent dans la deuxième partie. L'étrange prend le dessus sur la normalité, le malsain n'est plus le fond du verre mais le verre entier. Et au bout d'un moment, plus rien n'est étrange puisque tout l'est. C'est un peu comme si Moll nous disait, "bon maintenant que je vous ai bien préparé, je vais vous faire entrer dans un monde sans logique, sans limite où tout pourra avoir sa place même le n'importe quoi". C'est alléchant à partir du moment où il y a une explication au final. Et c'est bien là où le bat blesse, ici il faut suivre la voie du fantastique telle une pauvre série B pour comprendre l'histoire. En gros, Moll et son scénariste (Gilles Marchand) ont cherché une excuse pour pouvoir nous montrer de l'étrange. C'est franchement dommage compte tenu de la qualité de la mise en scène et de l'interprétation.
Car Lucas, Gainsbourg mais surtout Rampling sont très bon. La dernière nous inquiète et nous hante longtemps après le film d'ailleurs.
Je ne peux terminer cette critique sans parler de l'influence évidente que Moll a subi en regardant les films de David Lynch. Comme Lynch, il se sert du son pour distiller une ambiance inquiétante. Comme Lynch, il filme les couloirs comme si l'on rentrait dans un labyrinthe sans savoir ce qu'il nous attend à la sortie. Comme Lynch, il filme les images de caméra vidéo accompagnée d'un déplacement fluide très lent et d'un son grave. Comme Lynch, il mélange les deux personnages féminins pour n'en faire plus qu'un.
Lemming est le film dont l'influence Lynchienne est la plus marquée et en ce qui concerne la forme, c'est plutôt réussi. Venant de ma part, ce n'est pas un mince compliment. Par contre, le fond qui est aussi très largement inspiré des scénarios Lynchiens, est lui, bâclé et serait une injure au réalisateur de Mulholland drive.
En bref, un film très intéressant que je conseille vivement pour se laisser imprégner de son atmosphère gluant et malsain mais qui malheureusement pêche sur un scénario facile.